Post-partum - Guide des 4 premières semaines après l'accouchement

Mère reposant après l'accouchement, soins post-partum

Vous avez fait grandir un être humain entier. Votre corps a accompli quelque chose de spectaculaire, et maintenant il doit se remettre de cet exploit.

Le post-partum est souvent appelé « le quatrième trimestre » et ce n’est pas pour rien : votre organisme continue à travailler à plein régime. Beaucoup de jeunes mères sont surprises par l’intensité de ce qu’elles ressentent pendant les 4 premières semaines après l’accouchement. Fatigue, douleurs, émotions à fleur de peau, pertes, montée de lait… et souvent l’angoisse que « quelque chose ne tourne pas rond ».

Ce guide vous accompagne, avec douceur et franchise, pour comprendre ce qui se passe après l’accouchement dans les premières semaines : saignements, points de suture, récupération après césarienne, reprise du sport, etc. L’objectif n’est pas de vous inquiéter, mais de vous aider à vous dire « D’accord, ça je sais ce que c’est » et aussi de repérer les situations où il faut appeler votre sage-femme, votre médecin, le 15 ou les urgences.


Les 4 premières semaines : ce qui se passe vraiment dans votre corps

Ces premières semaines mélangent convalescence et adaptation à votre nouvelle vie. Sur le plan physique, votre corps est en train de :

  • cicatriser la grande plaie interne laissée par le placenta
  • faire diminuer votre utérus jusqu’à sa taille d’avant la grossesse
  • réparer une éventuelle déchirure périnéale ou cicatrice de césarienne
  • rééquilibrer vos hormones
  • mettre en route et stabiliser la lactation

Si vous avez l’impression d’avoir été percutée par un camion, ce n’est pas du tout exagéré. C’est la récupération après accouchement.

Passons en revue, un par un, les principaux symptômes et changements normaux du post-partum.


Saignement après accouchement (lochies) : couleurs et signaux d’alerte

Après un accouchement, quasiment toutes les femmes ont des saignements post‑partum que l’on appelle lochies. Ils surviennent aussi bien après un accouchement par voie basse qu’après une césarienne.

Ce que sont les lochies et combien de temps elles durent

Les lochies sont un mélange de sang, de glaire et de petits fragments de muqueuse utérine. En général, la durée des lochies et leur évolution ressemblent à ceci :

  • Jours 1 à 4 : rouge vif, comme des règles très abondantes. De petits caillots peuvent apparaître.
  • Jours 4 à 10 : rose ou brunâtre. Le flux diminue progressivement.
  • De 10 jours à 4 semaines (parfois jusqu’à 6 semaines) : pertes jaunâtres ou blanchâtres, beaucoup plus légères.

Certaines femmes remarquent de petites « poussées » de saignement quand elles en font trop ou après une tétée. C’est souvent lié aux contractions utérines, et cela peut être normal.

Ce qui est normal, ce qui ne l’est pas

Des lochies normales :

  • diminuent progressivement en quantité et deviennent plus claires
  • ont une odeur de règles, mais pas une odeur franchement infecte
  • peuvent s’arrêter et reprendre légèrement, notamment les jours où vous bougez davantage

Contactez rapidement votre sage-femme ou votre médecin, ou appelez le 15 / rendez‑vous aux urgences si vous avez :

  • du sang rouge vif qui imbibe une serviette en moins d’une heure et cela se répète
  • des caillots plus gros qu’une pièce de 2 euros, surtout s’il y en a plusieurs
  • un saignement qui redevient soudainement très abondant alors qu’il diminuait
  • une odeur très forte et désagréable (odeur de « pourri » ou très « poisson »)
  • de la fièvre, des frissons, ou un état général très altéré

Des lochies très abondantes ou malodorantes peuvent traduire une infection ou une hémorragie du post‑partum. Vous ne « dérangez pas » en consultant, même si vous avez un doute.


Contractions utérines après accouchement : ces crampes qui surprennent

À la fin de la grossesse, votre utérus a la taille d’un gros melon. Dans les semaines qui suivent la naissance, il revient peu à peu à la taille d’une petite poire. Ce processus s’appelle l’involution utérine.

Crampes du post‑partum et allaitement

Pendant que l’utérus se contracte pour retrouver sa place, vous pouvez ressentir des crampes post‑partum. Beaucoup de jeunes mères les décrivent comme de fortes douleurs de règles, surtout les premiers jours. Elles peuvent être plus marquées :

  • pendant l’allaitement, car l’ocytocine libérée provoque des contractions utérines
  • si vous avez déjà eu d’autres enfants, l’utérus ayant plus de travail à faire

Des crampes modérées à chaque mise au sein sont très fréquentes. Elles indiquent que l’utérus se contracte efficacement.

Comment soulager ces douleurs

En général, aident bien :

  • une bouillotte tiède ou une poche chaude sur le bas‑ventre (jamais directement sur une cicatrice de césarienne)
  • une respiration lente et profonde, comme pendant le travail
  • du paracétamol ou de l’ibuprofène, si ces médicaments vous sont autorisés (vérifiez avec votre sage-femme, votre médecin ou votre pharmacien)

Consultez en urgence si la douleur est :

  • très intense et localisée d’un seul côté
  • accompagnée de pertes malodorantes, de fièvre ou d’un gros malaise général

Une douleur violente qui ne cède pas peut traduire une infection ou un fragment placentaire resté dans l’utérus.


Récupération du périnée après l’accouchement

Le périnée est la zone située entre le vagin et l’anus. Lors d’un accouchement par voie basse, il se distend énormément. Il peut y avoir :

  • aucune déchirure
  • une petite lésion superficielle
  • une déchirure plus profonde nécessitant des points
  • une épisiotomie (incision réalisée par la sage-femme ou le médecin, puis suturée)

À quoi ressemble la cicatrisation du périnée

Les 1 à 2 premières semaines, il est fréquent de ressentir :

  • des brûlures ou des tiraillements
  • une sensation de bleu ou de gros hématome
  • des difficultés à rester assise longtemps

La sensation que « tout va tomber » ou que c’est très lourd est extrêmement habituelle après un accouchement par voie basse.

Les fils utilisés pour recoudre une déchirure ou une épisiotomie sont généralement résorbables et tombent d’eux‑mêmes.

Soins du périnée et astuces pour soulager

De bons soins du périnée après accouchement améliorent nettement le confort :

  • Poches de glace :
    Enveloppez une poche froide ou de la glace pilée dans un linge propre et appliquez‑la sur la zone pendant 10 à 15 minutes. Jamais directement sur la peau. Vous pouvez renouveler plusieurs fois par jour les deux premiers jours.

  • Bains de siège après accouchement :
    Un bain de siège consiste à s’asseoir dans quelques centimètres d’eau tiède, dans une bassine propre posée sur la cuvette ou dans le fond de la baignoire. Utilisez uniquement de l’eau ou un produit conseillé par un professionnel de santé, sans bain moussant parfumé. Restez 10 à 15 minutes puis séchez en tamponnant délicatement. Beaucoup de femmes trouvent ces bains extrêmement apaisants.

  • Garder la zone propre et sèche :
    Rincez à l’eau tiède après chaque passage aux toilettes. Séchez en tamponnant avec un papier très doux ou un linge propre. Changez régulièrement vos protections post‑partum.

  • Antalgiques :
    Le paracétamol ou l’ibuprofène sont souvent compatibles avec l’allaitement, mais vérifiez dans votre compte‑rendu de sortie ou avec votre médecin. Prenez-les à heures fixes les premiers jours plutôt que d’attendre que la douleur soit insupportable.

  • Prise de conscience du plancher pelvien :
    Une rééducation périnéale très douce, sous forme de minuscules contractions-relâchements, peut favoriser la cicatrisation en améliorant la circulation sanguine. Commencez uniquement si cela ne déclenche pas de douleur.

Quand s’inquiéter pour le périnée

Prenez contact sans tarder avec votre sage-femme, votre médecin ou les urgences si :

  • la douleur augmente brutalement au lieu de diminuer
  • vous observez du pus, une odeur forte et désagréable, ou la zone est très chaude et très sensible
  • les points semblent lâcher ou que vous voyez un écartement de la cicatrice
  • vous ne contrôlez plus du tout vos urines ou vos gaz

Un avis précoce en cas de problème périnéal limite le risque de séquelles à long terme.


Récupération après césarienne : ce qui vous attend et le rythme de guérison

Une césarienne reste une chirurgie abdominale majeure. La récupération après césarienne est donc différente de celle après un accouchement par voie basse, même si certains symptômes se recoupent.

Vous aurez quand même des lochies, des contractions utérines et une grosse fatigue, mais s’ajoute la cicatrice au niveau du ventre et de l’utérus qui doit guérir.

Soins de la cicatrice de césarienne

En France, la cicatrice de césarienne est généralement refermée avec des fils résorbables ou des agrafes. La sage-femme libérale ou de la maternité vérifie la cicatrice lors des visites à domicile ou de contrôle.

Pour favoriser une bonne cicatrisation de la césarienne :

  • gardez la zone propre et bien sèche
  • séchez en tamponnant doucement après la douche
  • portez des culottes taille haute, souples, qui ne coupent pas au niveau de la cicatrice
  • évitez les vêtements serrés à la taille au début

Contactez rapidement votre sage-femme ou votre médecin si la cicatrice :

  • devient plus douloureuse au fil des jours au lieu de s’apaiser
  • est très rouge, chaude ou gonflée
  • laisse s’écouler un liquide jaune ou verdâtre
  • s’ouvre, même légèrement
  • s’accompagne de fièvre ou d’un gros malaise

Ce sont des signes possibles d’infection.

Activité physique et calendrier de récupération après césarienne

Les équipes des maternités françaises recommandent en général :

  • Les 2 premières semaines :
    Priorité au repos, petits déplacements dans la maison, étirements très doux. Évitez de porter plus lourd que votre bébé. Pas d’aspirateur, pas de sacs de courses lourds.

  • De 2 à 6 semaines :
    Augmentez progressivement les distances de marche, à votre rythme. Toujours pas de charges lourdes, de ménage intensif, de course à pied ou de sport à impact.

Règle simple : si une activité fait tirer ou fait mal au niveau de la cicatrice, c’est trop tôt.

Quand conduire après une césarienne ?

Il n’y a pas de « loi des 6 semaines », mais la plupart des médecins et assureurs conseillent d’attendre pour conduire que :

  • vous puissiez faire un freinage d’urgence sans douleur
  • vous puissiez vous tourner pour vérifier les angles morts sans gêne
  • vous ne preniez plus d’antalgiques forts de type codéine

Pour beaucoup de femmes, cela se situe entre 4 et 6 semaines. Vérifiez votre contrat d’assurance, certains exigent un délai minimal après une intervention chirurgicale. N’hésitez pas à demander l’avis de votre médecin sur le moment où reconduire après césarienne.

Limiter le port de charges

Essayez autant que possible d’appliquer la règle : « rien de plus lourd que votre bébé » pendant les premières semaines.

Concrètement :

  • évitez de porter seule le cosy (siège auto) avec bébé sur de longues distances
  • faites-vous aider pour mettre ou sortir la poussette du coffre
  • essayez de ne pas porter un enfant plus grand dans les escaliers (plus facile à dire qu’à faire, mais anticipez avec votre entourage)

Si vous sentez une douleur vive qui tire dans le ventre, ou une petite « bosse » qui apparaît au niveau de la cicatrice quand vous forcez, ralentissez et parlez‑en à la consultation de 6 à 8 semaines post‑partum.


Seins en mutation : montée de lait, fuites et mamelons sensibles

Vos seins vivent eux aussi une vraie révolution. Que vous allaitiez, tiriez votre lait, donniez des biberons ou combiniez plusieurs options, vous allez sentir des changements.

Montée de lait et engorgement

Les premiers jours, les seins produisent du colostrum, ce liquide épais et doré très concentré en nutriments et en anticorps. Vers le 2e à 5e jour, la montée de lait se fait sentir : vos seins peuvent devenir soudainement :

  • chauds
  • très durs et lourds
  • bosselés
  • avec une sensation de tension, voire de fébricule

C’est ce que l’on appelle l’engorgement, qui se calme en général en quelques jours, le temps que la production s’ajuste aux besoins du bébé.

Pour soulager :

  • proposez le sein très souvent si vous allaitez, plutôt que d’espacer les tétées
  • utilisez une compresse chaude ou une douche chaude juste avant la tétée pour faciliter l’écoulement
  • appliquez du froid (compresses fraîches, poches de gel) après la tétée pour limiter le gonflement
  • portez un soutien‑gorge souple, bien couvrant, sans armature au début

Si vos seins sont rouges, très douloureux, que vous avez de la fièvre et un état grippal, consultez rapidement : cela peut être une mastite.

Fuites de lait et sensibilité des mamelons

Les fuites de lait sont fréquentes : au hasard de la journée, des deux seins ou d’un seul, quand vous entendez pleurer votre bébé ou quand votre poitrine est pleine. Des coussinets d’allaitement dans le soutien‑gorge protègent vos vêtements et votre literie.

Les mamelons peuvent être :

  • très sensibles
  • un peu crevassés ou douloureux la première semaine

Un léger inconfort peut être normal le temps que vous et votre bébé trouviez une bonne position de tétée. En revanche, des crevasses profondes, qui saignent, ou une douleur vive pendant toute la tétée sont souvent le signe d’un problème de position ou de prise du sein. Demandez de l’aide à votre sage-femme, à une consultante en lactation ou à une association d’allaitement, ne restez pas seule avec cette douleur.


Perte de cheveux vers 3 mois : vous ne rêvez pas

Beaucoup de femmes racontent : « Pendant la grossesse, j’avais des cheveux de folie, et là tout tombe dans la douche. »

Vous n’êtes pas en train de devenir chauve. Il s’agit de la chute de cheveux post‑partum, liée aux variations hormonales.

Pendant la grossesse, le taux élevé d’œstrogènes maintient les cheveux dans leur phase de croissance, ils tombent donc beaucoup moins et paraissent plus épais. Après l’accouchement, les hormones chutent et tous les cheveux qui auraient dû tomber en 9 mois se décident à partir en même temps.

En pratique :

  • ça commence souvent entre 2 et 4 mois après l’accouchement
  • la chute peut paraître impressionnante (poignées dans la brosse ou le siphon de douche)
  • tout rentre généralement dans l’ordre entre 6 et 12 mois

Si vous voyez des zones franchement dégarnies, une chute ultra brutale, ou si elle s’accompagne d’une fatigue extrême, de frilosité, d’humeur très basse, parlez‑en à votre médecin. Un contrôle de la thyroïde et du fer peut être utile.


Diastasis recti : séparation des muscles abdominaux

Pendant la grossesse, les deux grands muscles verticaux de l’abdomen (les « tablettes de chocolat », le grand droit) s’écartent pour laisser de la place au bébé. Chez certaines femmes, cet écart persiste après la naissance : on parle de diastasis recti ou diastasis des grands droits.

Comment repérer un diastasis recti

Pour un auto‑test simple à la maison (quand les lochies ont un peu diminué et que vous vous en sentez capable) :

  1. Allongez‑vous sur le dos, genoux pliés, pieds à plat.
  2. Placez une main derrière votre tête, l’autre sur votre ventre, juste au‑dessus du nombril.
  3. Relevez très légèrement la tête et les épaules, comme pour débuter un petit relevé de buste.
  4. Palpez avec vos doigts le long de la ligne médiane de l’abdomen.

Si vos doigts s’enfoncent dans une sorte de creux ou de « trou », il peut s’agir d’un diastasis. Beaucoup de femmes ont un écart d’un à deux doigts au début du post‑partum qui se réduit spontanément.

Ce qui compte, ce n’est pas seulement la largeur du « trou » mais aussi la tonicité en dessous. En cas de doute, une kinésithérapeute spécialisée en rééducation périnéale et abdominale pourra évaluer précisément la situation et vous proposer des exercices adaptés.

Évitez les gros abdominaux classiques, relevés de buste, planches tenues longtemps ou crunchs intenses dans les premiers mois, car ils peuvent aggraver un diastasis.


Récupération générale : fatigue, alimentation et hydratation

Vous récupérez d’un accouchement, tout en vous occupant d’un nouveau‑né jour et nuit. Il est logique de vous sentir épuisée.

La fatigue est normale, mais vous comptez aussi

Attendez‑vous à :

  • des nuits morcelées
  • des moments de larmes sans trop savoir pourquoi
  • des journées où vous aurez l’impression de n’avoir fait « que » nourrir, bercer et changer votre bébé

C’est déjà énorme. Vous maintenez en vie et en sécurité un tout petit être.

Essayez si possible de :

  • faire une sieste ou au moins vous allonger quand le bébé dort, ne serait‑ce qu’une fois par jour
  • accepter l’aide qu’on vous propose pour les repas, le ménage ou les courses
  • baisser le niveau d’exigence sur la maison, au moins temporairement

Si vous vous sentez constamment à vif, incapable de dormir alors que vous êtes épuisée, ou écrasée par une grande tristesse, parlez‑en à votre médecin, à votre sage-femme, à votre PMI. La dépression post‑natale et l’anxiété post‑partum sont fréquentes et se soignent.

Alimentation et hydratation après l’accouchement

Votre corps a besoin de carburant pour cicatriser et, si vous allaitez, pour produire du lait.

Essayez de viser :

  • Des repas réguliers : même simples - tartines avec œufs, bol de soupe, porridge, pâtes avec légumes surgelés, gratin, salades composées.
  • Une source de protéines à chaque repas : œufs, légumineuses, yaourts, viande, poisson, fromage, tofu, oléagineux. Les protéines aident les tissus à se réparer.
  • Des aliments riches en fer : viande rouge, boudin noir, lentilles, pois chiches, épinards, céréales enrichies. Beaucoup de femmes ont des réserves de fer basses après la grossesse ou un accouchement hémorragique.
  • De bonnes graisses : huile d’olive ou de colza, avocat, noix, graines.

Pour l’hydratation :

  • gardez une grande bouteille d’eau là où vous allaitez ou donnez le biberon
  • buvez un verre à chaque tétée ou tirage de lait
  • limitez les excès de café ou de boissons énergisantes, surtout si vous vous sentez nerveuse ou si votre bébé semble très agité

Les compléments alimentaires très chers ne sont pas indispensables, sauf avis médical. Un simple multivitamines post‑natal avec vitamine D peut être utile, surtout en période de faible ensoleillement. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.


Quand recommencer à bouger et faire du sport

La fameuse question : « Quand est-ce que je retrouve mon corps d’avant ? »

On peut plutôt se demander : « Quand puis‑je me remettre à bouger d’une façon qui m’aide à récupérer et dans laquelle je me sens bien ? »

De tout de suite à 2 semaines : mouvement en douceur

Si votre équipe médicale ne vous a pas donné de contre‑indication, vous pouvez en général commencer :

  • de petites marches dans la maison ou autour de l’immeuble
  • des respirations profondes pour ouvrir la cage thoracique et relâcher le périnée
  • des contractions très douces du périnée, si cela ne fait pas mal

À ce stade, on pense « relancer la circulation » plutôt que « faire du sport ».

Exercices périnée après accouchement

Votre plancher pelvien a été très sollicité, que vous ayez accouché par voie basse ou par césarienne. Démarrer tôt une rééducation périnéale douce peut :

  • limiter les fuites urinaires à l’effort, au rire ou à la toux
  • soutenir les organes pelviens
  • diminuer la sensation de pesanteur ou de « boule » dans le vagin

Un petit exercice de base :

  1. Inspirez tranquillement, laissez le ventre se détendre.
  2. En expirant, contractez délicatement comme si vous vouliez retenir un gaz et arrêter le jet d’urine en même temps.
  3. Tenez 3 à 4 secondes, puis relâchez complètement pendant le même temps.
  4. Répétez 5 à 10 fois, plusieurs fois par jour.

Si vous ressentez une douleur ou une forte pression quand vous contractez, ou si vous n’arrivez pas du tout à « trouver » ces muscles, demandez à votre médecin une ordonnance pour des séances de rééducation périnéale chez une kiné ou une sage‑femme spécialisée. En France, cette rééducation est remboursée.

À partir de 6 semaines : reprendre plus d’activité après un accouchement par voie basse

Pour beaucoup de femmes ayant eu un accouchement par voie basse sans complication majeure, la consultation post‑natale autour de 6 à 8 semaines sert de repère. Avec l’accord de votre médecin ou sage-femme, vous pouvez en général :

  • allonger progressivement vos promenades
  • ajouter un peu de renforcement musculaire léger (squats au poids du corps, petits exercices avec bandes élastiques)
  • commencer des cours « spécial post‑partum » : yoga post‑natal, Pilates, gym douce

Évitez les sports à fort impact (course à pied, sauts, crossfit intensif, charges lourdes) tant que :

  • vous avez moins de 6 semaines de recul après un accouchement par voie basse simple
  • vous n’avez pas commencé ou terminé votre rééducation périnéale

Même après 6 semaines, écoutez vos sensations. Fuites urinaires, pesanteur pelvienne, douleurs ou impression que « tout descend » sont des signaux qu’il faut lever le pied et consulter, notamment pour une rééducation périnéale plus poussée.

8 à 12 semaines après césarienne : reprise prudente et progressive

Pour la récupération après césarienne, les recommandations courantes sont :

  • augmenter la marche (durée et rythme) vers 6 à 8 semaines, si vous vous sentez prête
  • introduire un renforcement musculaire doux qui ne fait pas tirer sur la cicatrice abdominale
  • attendre souvent 10 à 12 semaines, voire plus, avant de reprendre la course à pied, le sport très intense ou le port de charges lourdes

Le massage de la cicatrice de césarienne, une fois la plaie parfaitement fermée et avec l’accord de votre médecin ou kinésithérapeute, peut aider à assouplir les tissus et diminuer les sensations de tension.


La visite post‑natale des 6 semaines : une étape importante

En France, une consultation post‑natale doit vous être proposée entre 6 et 8 semaines après l’accouchement, avec votre gynécologue, votre sage-femme ou parfois votre médecin traitant. Dans certaines maternités, un suivi plus rapproché est aussi organisé via la PMI.

Ce rendez‑vous ne sert pas uniquement à parler contraception et reprise du travail. C’est l’occasion d’aborder :

  • la persistance des saignements, des douleurs, la cicatrisation (périnée et césarienne)
  • les troubles urinaires ou digestifs, y compris les petites fuites
  • votre moral, votre sommeil, les angoisses, les pensées envahissantes
  • l’alimentation de votre bébé (sein, biberon, mixte) sans jugement
  • vos inquiétudes sur un éventuel diastasis, les douleurs de dos, la tonicité du périnée
  • les options de contraception adaptées à votre quotidien actuel

Vous pouvez venir avec une liste de questions. Si un point n’est pas abordé spontanément, osez le poser. Ce temps est pour vous autant que pour votre bébé.

Et si quelque chose vous inquiète avant ce délai, n’attendez pas la visite post‑natale. Des symptômes comme un saignement abondant, une douleur intense, une douleur thoracique, un essoufflement, une douleur au mollet, ou des idées de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé nécessitent une prise en charge le jour même (appel au 15, consultation d’urgence, maternité ou service d’urgences le plus proche).


Pour finir : votre corps n’est pas « revenu », il avance

La récupération après accouchement n’est pas une ligne droite. Il y aura des jours où vous vous sentirez presque « comme avant », et d’autres où une simple petite marche ou une machine de linge vous épuisera. Cela ne veut pas dire que vous faites mal les choses.

Votre corps a changé. Certaines choses « reviendront », d’autres seront simplement différentes : de nouvelles cicatrices, de nouvelles forces, une autre façon d’écouter vos limites.

À garder en tête :

  • Des lochies qui diminuent avec le temps sont en général normales. De gros caillots, une odeur forte ou un saignement qui redevient très abondant ne le sont pas.
  • Des crampes pendant l’allaitement sont fréquentes et témoignent souvent du travail de l’utérus qui se rétracte.
  • Les douleurs au niveau du périnée ou de la cicatrice de césarienne doivent aller en diminuant, pas en augmentant.
  • La fatigue est attendue, mais une tristesse profonde, un sentiment de panique permanent ou un grand désespoir nécessitent de l’aide.
  • Les mouvements doux et la rééducation périnéale précoce sont vos alliés, les sports plus intenses attendent au moins 6 semaines, et plutôt 8 à 12 semaines après une césarienne.
  • La visite post‑natale des 6 à 8 semaines est pensée pour vous, pas uniquement pour la contraception ou le bébé.

Personne n’est censé « tout savoir » sur le post‑partum instinctivement. Vous apprenez en cours de route. Continuez à poser des questions, appuyez‑vous sur votre sage-femme, votre médecin, la PMI et les professionnels de la maternité. Et traitez votre corps comme vous traiteriez celui d’une amie chère qui vient de donner la vie : avec patience, douceur et respect.


Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne doit pas être utilisé comme substitut aux conseils de votre médecin, pédiatre ou autre professionnel de santé. Si vous avez des questions ou des préoccupations, vous devez consulter un professionnel de santé.
Nous, en tant que développeurs de l’application Erby, déclinons toute responsabilité pour toute décision que vous prenez sur la base de ces informations, qui sont fournies à titre informatif général uniquement et ne remplacent pas un avis médical personnel.

Ces articles pourraient vous intéresser

Erby — Suivi bébé pour nouveau-nés et mamans allaitantes

Suivez l'allaitement, le tirage, le sommeil, les couches et les étapes de développement.